Tout est prêt pour ce week-end
Infos événement Publié le 24.11.12 12:52
L’équipe de France pouvait l’espérer, mais rien n’était sûr… organiser chez elle, à Paris-Bercy, les 21e championnats du monde de l’histoire du karaté allait-elle la porter vers les sommets ou au contraire l’inhiber?
Les deux journées précédentes avaient déjà donné la tendance : devant son public, la France accumulait les finales individuelles, notamment grâce à sa formidable « team» féminine de combat – quatre finales sur cinq possibles – et des techniciens du kata survoltés (deux finalistes). Mais rien n’était fait pour le pays organisateur hier, qui ne concevait pas la réussite de l’événement sans un grand parcours de ses deux équipes de combat. Or si son équipe féminine, malgré une mauvaise prestation au championnat d’Europe de Ténérife (remporté par les Turques) est dans le trio de tête depuis plusieurs années, l’équipe masculine se cherche depuis longtemps et n’avait donné comme signe qu’une finale européenne en 2011 et de belles prestations en tournoi. Du côté des masculins, l’Allemagne, l’Italie, l’Azerbaidjan, la Turquie semblaient au-dessus. Au matin de ce premier jour de finales, la France réalise pourtant l’exploit d’ajouter ses deux équipes combats à ses sept finalistes individuels ! Ce week-end, chez elle, elle aura neuf fois l’occasion d’emporter la médaille d’or, une performance « potentielle » déjà historique, pour elle, mais aussi, si on la compare aux six finales de l’Italie en 2006 et en 2010, de la France elle-même en 2002, mais avec une catégorie en plus pour ces années-là.
Ce fut difficile hier. L’équipe masculine dans un quart de tableau relativement «accessible» montra des signes de fébrilité avant de se reprendre totalement contre l’Egypte en quart de finale – un pays qui l’avait écartée de la course à la médaille deux ans plus tôt – et de se montrer forte en demi-finale contre les champions d’Europe allemands. En leader naturel, Kenji Grillon sut apporter la victoire décisive au 5e combat, lui qui est le seul combattant masculin à s’être hissé en finale pour la France. Ce fut terrible aussi pour l’équipe féminine française, confrontée de son côté à un quart de tableau « de la mort », avec la Russie, l’Italie et surtout la redoutable Turquie, championne d’Europe en titre, dès le second tour! Ballotée, quasiment battue par les Turques, les Françaises revenaient de l’enfer, grâce à Tiffany Fanjat qui reprenait cinq points de retard et, par par un coup de pied de dernière seconde, permettait à Alexandra Recchia de gagner un combat décisif contre sa grande rivale, la double championne d’Europe des -50 kg, Ozcelik. En demi-finale, les Chinoises, trois grands gabarits taillés sur le même moule et emmenés par Mademoiselle Tang, médaillée mondiale 2010 des +68 kg, menèrent elles aussi la vie très dure aux Françaises, là encore à deux doigts de lâcher prise après une première défaite d’Emily Thouy sur Tang par 8-0. Lolita Dona, menée encore 2-0 à quelques secondes de la fin sortaient finalement un ura-mawashi parfait et Tiffany Fanjat pouvait une nouvelle fois apporter une victoire décisive.
En ce samedi, voici donc la France aux portes d’un triomphe dans son Palais de Bercy, chez elle à Paris.
Aux portes seulement, car les autres nations sont prêtes à profiter de la moindre faiblesse ce week-end. En équipes combat, la Croatie chez les féminines, finaliste des championnats d’Europe et troisième des championnats du monde, peut réussir là où ont échoué la Turquie et la Chine. Chez les garçons, la force de frappe turque, avec le finaliste poids lourd Erkan en fer de lance, garde le statut de favori face à la jeune équipe de France. Le Japon est trois fois en finale du kata, avec d’excellentes chances, mais aussi en combat, en -68 kg chez les féminines avec K. Someya et en -84 kg avec R. Araga face à K. Grillon. Cinq finalistes, une magnifique position d’attente pour une belle moisson en or. L’Italie sera quatre fois en finale, avec d’excellentes chances aussi bien en kata où elle excelle – notamment le trio masculin dirigé par l’illustre Valdesi – qu’en combat où G. Vitelli, notamment, compte bien emporter une nouvelle fois la finale des +68 kg qui l’oppose à la Française N. Ait Ibrahim, comme en 2010. Enfin, la Turquie, avec trois finalistes, peut engranger autant de médailles d’or et les combattants azéri Atamov et le redoutable Aghayev peuvent eux aussi faire carton plein. Si tout est prêt pour un grand week-end français, il faudra aller chercher chaque titre avec les dents.
Le dernier mot revient, comme c’est légitime, au Président de la Fédération Mondiale de Karaté, l’Espagnol Antonio Espinos, qui, devant le public du Palais Omnisport de Paris Bercy archi comble, salue l’organisation de ses 21e championnats du monde en évoquant un « avant et un après » ce grand rendez-vous.
Décidément, tout est prêt pour l’apothéose, ce week-end à Paris.