Le temps des records

supporters france_samediSamedi soir, le verdict des 21e championnats du monde était déjà tombé : triomphe français à domicile avec cinq médailles d’or, deux d’argent et deux de bronze.


equipe japon

Réussite japonaise remarquable avec deux médailles d’or, une d’argent et cinq de bronze – kata par équipes à suivre – consistante de l’Italie, malgré un bilan inférieur aux dernières éditions, montée en puissance de la Turquie au niveau mondial, et de l’Égypte, fière de sa première médaille d’or en karaté et d’une belle série de médailles de bronze. Les miettes dorées allant à l’Iran (deux médailles en combat dont une d’or), au Venezuela du technicien Diaz. Ce dernier jour, celui des championnats par équipes en kata et en combat allait-il confirmer ou moduler la tendance ? Il la confirme, et dans les grandes largeurs. La France fait quatre médailles ce dimanche, deux en or (en combat), deux en bronze (en kata), tandis que le Japon ajoute deux médailles d’or en kata, une en combat féminin – ce qui l’amène sur un pic de performance à quatre médailles d’or, mais aussi à une étonnante performance collective de onze médailles. Le Japon sort grandi de ces championnats du monde parisiens, son « team » kata résistant à la montée en puissance française, affaiblissant le règne italien et installant pour le futur des champions charismatiques. Après Usami hier, c’est le jeune trio masculin qui fait ce dimanche se lever le public de Berçy. Les Japonais reprennent le leadership mondial du kata aux Italiens sans passer par la case française et on peut parler de règne naissant. Quant aux féminines, elles sont championnes pour la troisième fois consécutivement. Le Japon fait le doublé par équipes qu’il ne faisait plus depuis… 1998. Seul le Venezuélien Diaz résiste encore au grand retour nippon en kata. L’Égypte ajoute du bronze en combat chez les masculins et sa victoire contre les champions d’Europe allemands est une surprise qui confirme que la domination égyptienne chez les jeunes commence à donner de beaux fruits en seniors. Une médaille d’or, cinq de bronze, l’Égypte est désormais, c’est sûr, un grand pays de karaté. La Turquie pouvait troubler la fête française en lui prenant l’or en combat chez les masculins, ce ne sera pas le cas, elle doit se contenter d’une nouvelle médaille d’argent : six médailles dont une d’or, la Turquie est quatrième nation derrière l’Italie. L’Iran glane une nouvelle médaille en combat masculin avec son équipe et termine cinquième nation. 

Mais le fait du jour, c’est la transformation du triomphe français en apothéose historique. L’équipe féminine ne doute pas et, après le nul de Recchia, Lolita Dona prend le large avec cinq points, mettant Tiffany Fanjat très à l’aise pour le dernier combat contre les Croates. L’équipe masculine doute, mais finalement pas plus que les challengers turcs qui ne savent pas aller chercher les points. Après deux matchs nuls, Nadir Benaïssa gagne un combat étouffé par le trac et Matthieu Cossou, en héros, éparpille son adversaire en suivant. Les deux capitaines ont finalement tenu le choc et font la victoire française, attendue depuis 2004, contre des Turcs qui n’ont pas vraiment pris leur chance. Avec ces deux médailles d’or en plus, la France bat son propre record de six médailles d’or (Munich 2000) d’un titre, avec une catégorie de moins, et égale les sept médailles d’or japonaises de Kota Kinabalu (1994), en ajoutant deux médailles de bronze en plus. C’est donc la meilleure performance au classement des nations depuis que le règlement n’autorise qu’un seul engagé national par catégorie. En 2000 à Münich, la France avait emporté les deux titres en combat par équipes, exploit réalisé aussi par l’Espagne en 2002. Désormais, la France est le seul pays à l’avoir fait deux fois.

Le bilan définitif est clair : les 21e championnats du monde de karaté, organisés à Paris, auront été ceux des records.

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