2004 – Monterrey, l’ultime revanche

« Le par équipes, ça prend aux tripes ». C’est par cette formule définitive que Yann Baillon définit l’histoire d’amour du karaté français avec la compétition par équipes. Des talents individuels qui se fondent en une unité, l’alchimie d’un groupe qui se transcende pour amener nos valeurs au sommet, au moment décisif. L’aventure d’une génération, une culture qui se transmet. Comme son plus féroce adversaire l’Angleterre, six fois la France est parvenu à décrocher le titre suprême chez les masculins. En 2004 à Monterrey au Mexique, la France n’est plus championne du monde en titre et n’a qu’une obsession : triompher de l’Espagne en finale. En y parvenant, elle égale l’Angleterre avec un sixième titre de champion du monde par équipe masculine.

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Tremblement de terre en 2002 : la France, a perdu son titre au profit de l’Espagne, chez elle à Madrid, dans une finale mouvementée et contestée par les combattants français, au point que la France est disqualifiée cette année-là. Le coup d’arrêt fut brutal. Cinq fois championne du monde et huit fois championne d’Europe en dix ans, la France s’est sentie humiliée, le fil de son destin dorée perdu. Elle a été dominée lors des championnats d’Europe 2003 et en 2004, elle se fait encore surprendre en finale contre la Russie. « Les Russes sont très forts cette année-là à Moscou, mais nous, nous battons l’Espagne. Et ça, ça leur a mis un coup au moral », se rappelle encore Yann Baillon. Car l’obsession, c’est elle, l’Espagne des Luque, Vazquez, Leal, Herrero et autres Blanco. Les Français se sont jurés de laver l’affront à Monterrey, au Mexique. Mais il faut d’abord passer les tours : le Panama prend trois 9-0 des « tauliers » Beaudry, Balde et Baillon, une entrée en matière applaudie par le public. Puis c’est la redoutable Italie, contre laquelle Seydina Balde se montrera tellement dominateur qu’il en fera pleurer son adversaire… un certain Maniscalco, déjà champion d’Europe en titre et futur double champion du monde. Puis le Venezuela qui prend lui aussi un 3-0 sec, avec neuf points de Baillon contre le futur champion du monde Plumacher. Puis encore une fois l’Angleterre, en demi, et encore une fois, tout se joue au combat décisif, emporté par le jeune champion d’Europe Franck Chantalou sur le dangereux Davin Pack. Enfin, c’est la finale et c’est bien l’Espagne qui est au rendez-vous. Seydina Balde sonne la charge et porte le fer très profond : sept points d’avance contre Martinez-Guzman ! Vasquez menait ensuite son combat contre Baillon… mais celui arrachait le nul à la dernière seconde. Déjà une oraison funèbre pour l’Espagne. Le grand Ugo Leal subtilisait bien une victoire difficile à Franck Chantalou, d’un coup de pied dans les dernières secondes, sur le score fleuve de 9-7, mais Olivier Beaudry mettait six points de plus à David Santana, qui s’apprêtait pourtant à devenir champion du monde individuel.

La France venait de réussir un formidable exploit : reprendre le flambeau arraché en 2002 et, dans la même foulée, faire jeu égal au palmarès avec les Anglais, à six titres mondiaux par équipes masculines. Un exploit qui raisonne toujours en point d’orgue dans le grand récit du karaté français, qui attend toujours d’être relevé.

 

Quelques images des Championnats du Monde 2004 ...


Championnats du Monde de Karaté 2004 (Monterrey) par ffkarate

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