1990 – Monique Amghar « Ne jamais abandonner tant qu’on a la passion »

veste equipedefrancePlace à nos championnes du monde de karaté ! Celle qui obtenue le titre suprême à la vitesse de l'éclair, c'est elle Monique Amghar en 1990. Tellement vite d'ailleurs que les souvenirs sont  un peu flous. Les émotions, elles, sont intactes et la championne, également titrée aux Europe en 1996, nous les fait partager sans retenue...

M. Amghar

 

« Mon titre reste un beau souvenir, mais, aujourd’hui, je me dis que je n’ai pas assez savouré ma victoire », analyse Monique Amghar, la championne du monde 1990 en kumite -60kg. « Tout est arrivé si vite en même temps. En arrivant tout juste sur la scène internationale en tant qu’outsider, mon titre a été une grande surprise » restitue-t-elle. Pourtant cette victoire est la suite logique d’un travail long et acharné. Championne du monde à 27 ans, il a fallu s’accrocher physiquement et mentalement, « je n’étais pas toute jeune mais mon caractère et ma maturité ont fait la différence j’imagine ».

De Mexico, elle se rappelle du podium, de la Marseillaise mais surtout « d’une compétition éprouvante ». Sa finale contre l’Italienne Chiara Stella Bux ? « Ce n’était pas le combat le plus difficile ». Pour Monique, le combat de « sa vie », c’était en demi-finale contre la redoutable Anglaise de l’époque, Molly Samuels, cinq fois championne d’Europe puis championne du monde par la suite en 1992. « Jusqu’au dernier moment, ce fut intense. Une fois le combat gagné, je me suis dit que plus rien ne pouvait m’atteindre », explique t-elle avec fierté. Ni même le manque de sommeil quelle avait accumulé notamment, en trainant avec ses coéquipières, la veille de la compétition, dans les couloirs de l’hôtel à deux heures du matin. « Je me souviens, nos coachs nous avaient surpris, on s’était fait remonter les bretelles. Le lendemain, j’avais tellement peur de rater à cause de ça que ça m’a motivée pour être encore plus forte », raconte t-elle avec amusement. Cette victoire, elle la partagea notamment avec sa coéquipière Catherine Belhriti (+60kg) et Marc Pyrée (+80kg), eux aussi champions du monde cette année là.

 


De retour en France, alors que le monde du karaté lui prédisait une saison internationale de folie après ce titre, la pensionnaire du Mawashi Karaté Club de Cambrai s’est donné une rupture des ligaments. « J’étais frustrée, déçue de ne pas pouvoir remettre mon titre en jeu ». Avec un moral d’acier, la Française n’abandonnera pas et reviendra un an plus tard à la compétition. Médaillée de bronze aux Europe 1992, médaillée d’argent aux monde 1994, la performance quelle savoura le plus reste finalement son titre de championne d’Europe en 1996, « histoire de finir ma carrière en beauté ». Si aujourd’hui, elle a un conseil à donner à l’équipe de France de karaté, c’est bien celui «  de ne jamais abandonner tant qu'on a la passion et de ne rien lâcher tant que l’on est pas K.O. ».

Aujourd’hui âgée de 50 ans, Monique continue de fouler les tatamis « pour garder la forme et pour transmettre ma passion aux jeunes ». Fidèle au club de Cambrai, la championne du monde, devenue 6e dan en 2011, sera présente à Bercy pour encourager les troupes et peut-être faire couler quelques larmes de joies et de nostalgie.

Sarah Sudre

 

 

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