2008 – Tiffany Fanjat, « une outsider en or »

T. Fanjat« Travailler dans l’ombre ». La doctrine de Tiffany Fanjat, 31 ans, championne du monde des +60kg en 2008. Pas de strass, ni de paillettes, pas trop de photos et d’interviews non plus d’ailleurs. Humble, la karatéka repart à zéro pour ces championnats du monde 2012, dans moins de quatre semaines maintenant. En 2008, personne ne l’attendait et elle l'avait emporté. Après l’échec des monde de 2010, la Française n’est plus la favorite de la catégorie.
Une occasion en or pour créer à nouveau la surprise…

T. Fanjat

Même si elle fut 3e des championnats d’Europe en 2007, Tiffany Fanjat n’était pas la favorite des +60kg en 2008, contrairement à sa redoutable adversaire, l’Américaine Elisa Au-Fonseca, triple championne du monde. Pourtant, c’est la Française qui fut sacrée championne du monde cette année-là, à Tokyo. La classe ! La clé de la réussite ? La « zen attitude » d’outsider de cette excellente cavalière par ailleurs, qui lui permit de surprendre ses concurrentes. À Bercy, Tiffany ne sera pas la favorite et ce n’est pas plus mal: « J’ai pu me préparer dans l’ombre. Personne n’a vraiment observé mon jeu. Alors qu’en 2010, à Belgrade, tout le monde m’attendait. J’avais trop de pression et c’est sûrement à cause de ça que j’ai perdu rapidement », explique la karatéka de 31 ans.



2008, Tokyo, c’était « magnifique ». Repartie avec la médaille d’or, Tiffany Fanjat, 27 ans à l’époque, est également revenue avec des souvenirs plein la tête. « Les championnats du monde, c’est notre plus grosse compétition. On passe plus de dix jours ensemble, on fête les performances des uns, on réconforte les autres et puis on profite du voyage, de l’ambiance et surtout on fait connaissance avec d’autres délégations », détaille t-elle avec énergie. Au Japon, Damien Dovy lui a été d’un grand soutien. « J’étais mal le matin… Je ne me reconnaissais pas ». Alors l’ancien champion du monde en 1994 pour la France et en 2002 pour le Bénin, Damien Dovy l’a prise sous son aile le temps d'une discussion "karatéka". Le retour est explosif. « Je n’avais plus rien dans la tête, hormis le fait de savoir si j’allais combattre en rouge ou en bleu » se souvient t-elle avec le sourire. Comme tous les combats de la journée, la finale fût serrée. Contre la triple championne du monde, l’Américaine Elisa Au-Fonseca, « je n’ai pas eu le temps de cogiter ».


Un point, puis un autre, puis un contre, la professeur de sport domine puis remporte le combat. Première réaction ? « Me tourner vers mes parents et leur envoyer un bisou ». Deuxième réaction ? « Sauter dans les bras de mon coach, Daniel De Barros et tous mes coéquipiers ». Après, tout est allé très vite. Récompense, Marseillaise, photos, « le banquet du soir, je l’ai fait en kimono », se rappelle la championne. « Quand je pense que mon père m’a inscrite au karaté pour que je sache me défendre... Avec ce titre, j’espère qu’il est rassuré », plaisante la pensionnaire de l’AS Sarcelles (Val-d’Oise). Avec 25 ans de karaté dans les jambes, la karatéka revient à Bercy pour réécouter la Marseillaise, « que ce soit pour moi ou pour un autre du collectif, ce sera de toute façon merveilleux ». Simple et discrète, la cavalière chevronnée compte sur son sens tactique pour passer les tours. Humble, elle n'hésitera pas également à partager son expérience avec les autres coéquipiers. L’unique championne du monde individuel dans le groupe France aura un programme bien chargé, « mais c’est une fierté ».

Sarah Sudre

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